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Accueil/La peur du noir
QUAND LA LUMIÈRE S'ÉTEINT

Depuis quelques soirs,
il a peur du noir.

Un livre court où c'est lui qui prend la lampe de poche, éclaire la grande ombre sur la chaise, et trouve son manteau. Pas un remède : une histoire de plus, à côté de la veilleuse et de la routine. Plus bas, ce qui aide dès ce soir — livre ou pas.

  • Premier livre gratuit
  • Sans carte de crédit
  • Écrit en français d'ici

« Pourquoi il a peur du noir, tout d'un coup? »

Le plus souvent, parce qu'il a l'âge. Vers 3 ans, la peur du noir est parmi les plus fréquentes, avec celle des monstres et des bruits qu'on ne reconnaît pas. Avant 5 ans, un enfant fait mal la différence entre ce qu'il imagine et ce qui est vrai : le soir, l'ombre d'un toutou peut devenir un monstre. Sa peur est réelle, même si le monstre ne l'est pas.

Pourquoi une histoire peut aider

Le monstre redevient un manteau.

Naître et grandir le dit simplement : les histoires, même celles qui font un peu peur, aident un enfant à mettre des mots sur ce qu'il ressent, et un héros qui s'en sort l'aide à trouver son propre courage. Un enfant qui redemande le même livre soir après soir est souvent en train de travailler sa peur.

Dans le livre que j'ai fait pour cette page, Rosalie ne chasse pas de monstre — faire semblant de chasser le monstre, c'est confirmer qu'il existe. Elle éclaire l'ombre avec sa lampe de poche et trouve son manteau d'hiver. Puis la grande plante verte. Puis elle fait sa propre ombre avec ses mains, et cette fois, c'est elle qui décide de quoi elle a l'air.

Le livre ne fait pas disparaître la peur. Il lui donne quelque chose à faire avec.
Ce qu'on finit tous par dire, la troisième fois qu'il appelle

« Y a rien, là. Dors. »

Ce que Rosalie fait, page 2

« Rosalie prend sa lampe de poche. Toute seule. »

Dans le livre

Ce qui est dedans

Ton enfant, et son animal

Son nom, son âge, sa binette — et son chien ou son chat, s'il fait partie de la troupe. La troupe se fait une seule fois et revient dans tous ses livres suivants.

Rosalie
Chantal
Biscuit
Une troupe de démonstration, inventée de toutes pièces.

Des ombres, pas de monstres

Chaque ombre redevient une chose ordinaire de sa chambre. C'est écrit dans l'idée de départ, et tu lis le texte avant les images pour t'en assurer.

Une fin où il s'endort

La lampe s'éteint, les ombres redeviennent douces, il s'endort. Le livre finit là où tu voudrais que la soirée finisse.

Sans retouche

Au pire, un manteau sur une chaise.

Trois pages du vrai livre. Le moment le plus tendu, c'est celui-là : une grande ombre sur la chaise, Biscuit qui se cache le nez, Rosalie qui prend sa lampe. Aucune page du livre ne dessine de monstre. Ensuite, elle fait sa propre ombre, puis elle s'endort.

Vraies pages — « La chasse aux ombres »
Assise au bord de son lit, Rosalie serre sa lampe de poche, l'air décidé. Sur le fauteuil, son manteau d'hiver bleu fait une ombre sur le mur. Biscuit se cache le museau sous les pattes.
Rosalie pointe sa lampe de poche vers le mur, où apparaît l'ombre d'un petit chien. Biscuit jappe de joie sur le lit, et Maman regarde depuis le corridor.
Rosalie dort sous sa couette avec un ourson, Biscuit roulé en boule sur le lit, la lampe de poche posée sur la table de chevet.
En pratique

Trois étapes, avec ses ombres à lui

1

Crée son personnage — et celui de son chien ou de son chat, si tu veux qu'il soit dans le livre. Une description écrite suffit; les photos sont optionnelles et ne sont jamais conservées de mon côté.

2

L'idée de départ est déjà écrite. Remplace le manteau sur la chaise par ce qui fait des ombres dans sa chambre à lui : la porte du garde-robe, la robe de chambre sur le crochet, les phares d'auto qui passent au plafond.

3

Lis le texte avant les images. Si une phrase risque de lui faire plus peur qu'autre chose — dans le livre de démonstration, ce serait peut-être les « longs doigts pointus » — tu l'enlèves avant qu'une seule illustration existe.

Ce soir, livre ou pas

Ce qui aide, dès ce soir

Tu n'as rien à acheter pour cette partie-là. Voici ce que recommandent les gens dont c'est le métier — à essayer ce soir, que tu fasses affaire avec moi ou non.

Prends sa peur au sérieux

Pas de « voyons donc », pas de moqueries, même si ça te semble sans fondement. Dis-lui que tu comprends, aide-le à nommer ce qui lui fait peur — sans le pousser à être brave avant qu'il soit prêt.

Une veilleuse, une lampe de poche

Une petite veilleuse qu'il décide d'allumer ou non, et une lampe de poche près du lit, qu'il allume au besoin. La lampe, ça lui donne un peu de contrôle sur le noir.

Pas de chasse au monstre

Faire semblant de le chasser, ou vérifier sous le lit tous les soirs, ça lui confirme qu'il existe. Regarde sous le lit avec lui une fois, au besoin, puis dis-le clairement : les monstres, c'est dans les livres et les films.

Le même rituel, à la même heure

Bain, histoire, câlin, dans le même ordre. Dans l'heure avant le dodo : pas d'écran, et pas d'histoire ni de jeu qui énerve ou qui inquiète.

La porte entrouverte, toi pas loin

Laisse la porte entrouverte et continue tes affaires pas loin, qu'il t'entende. Tu peux aussi lui promettre d'aller voir une fois qu'il dort — puis le faire.

Le jour, on en parle

Dessiner sa peur, la jouer avec des figurines, inventer une histoire qui finit bien. Le jour, il se sent plus en contrôle qu'à 21 h, dans le noir.

Résumé de ce que disent Naître et grandir (« Les peurs au coucher », « La peur chez les enfants », « Les troubles du sommeil »), la Société canadienne de pédiatrie (Soins de nos enfants) et l'American Academy of Pediatrics (HealthyChildren.org). Je ne suis pas spécialiste — eux, oui.

Ce que ça ne fait pas

la partie que les autres ne mettent pas sur leur page ✎

  • Ça ne règle pas la peur du noir en un soir. Chez la plupart des enfants, elle s'estompe avec le temps et le soutien des parents; le livre peut accompagner ça, pas le remplacer.
  • Ça ne remplace pas la veilleuse, la routine, ni toi sur le bord du lit. C'est un outil de plus, pas le principal.
  • Ça ne dessine pas sa vraie chambre : elle sort de ta description. Les ombres que tu nommes, oui.
  • Si les cauchemars ou les terreurs nocturnes reviennent presque chaque nuit, ou si la peur dure, empire ou déborde sur ses journées, un livre généré n'est pas l'outil. Parles-en à son médecin ou à ton CLSC, ou appelle le 811 (Info-Santé ou Info-Social).

Les vraies questions

À quel âge la peur du noir commence-t-elle?

Selon Naître et grandir, souvent entre 2 et 4 ans. Vers 3 ans, c'est une des peurs les plus fréquentes, avec les monstres et les bruits qu'on ne reconnaît pas, et les peurs au coucher restent courantes jusqu'à 5 ou 6 ans. Avant cet âge, un enfant fait encore mal la différence entre ce qu'il imagine et ce qui est vrai.

Est-ce qu'une veilleuse aide?

Souvent, oui. Naître et grandir suggère une petite veilleuse que l'enfant choisit d'allumer ou non — pas besoin qu'elle soit allumée tous les soirs — et une lampe de poche près du lit, qu'il allume au besoin. La Société canadienne de pédiatrie mentionne aussi la veilleuse, ou simplement la porte laissée ouverte.

Comment un livre peut-il aider?

Il ne fait pas disparaître la peur. Il peut l'aider à mettre des mots dessus, lui montrer un héros qui s'en sort, et lui donner un geste à faire — ici, éclairer l'ombre et découvrir ce qu'elle est vraiment. Un enfant qui redemande le même livre soir après soir est souvent en train de travailler sa peur. La bibliothèque en a de très bons; Toupie ajoute seulement que le héros, c'est lui.

Un livre sur la peur du noir peut-il lui faire plus peur?

C'est possible, et ça vaut la peine d'y penser. Naître et grandir rappelle que les histoires qui font un peu peur ne sont pas nocives, mais conseille de les lire à un autre moment que juste avant le coucher. Celui-ci est écrit pour le dodo, mais la première fois, lis-le de jour. Et comme tu lis le texte avant les images, tu peux enlever ce qui te semble de trop.

Cauchemar ou terreur nocturne : comment faire la différence?

Un cauchemar arrive plutôt en fin de nuit : l'enfant se réveille, te cherche, peut raconter son rêve, et a besoin d'être rassuré. Une terreur nocturne arrive plutôt une ou deux heures après qu'il s'est endormi : il crie, semble réveillé sans l'être, ne te reconnaît pas et peut te repousser. N'essaie pas de le réveiller; reste près de lui pour qu'il ne se blesse pas. Si l'un ou l'autre revient presque chaque nuit pendant des mois, parles-en à son médecin.

Si ça te tente

Ce soir, la veilleuse. Demain, peut-être un livre.

Le premier livre est gratuit, sans carte. L'idée de départ est déjà écrite — ajoute-lui les ombres de sa chambre.